L’INTERVIEW DU MOIS : MOUSTAPHA MAMY DIABY, MINISTRE DES POSTES, TELECOMMUNICATIONS ET DE L’ECONOMIE NUMERIQUE


Publié le 25 Avril, 2017 - 10:53

Conakry, le 24 Avril 2017 – Nommé à la tête du Ministère des Postes, Télécommunications et de l'Economie Numérique Monsieur Moustapha Mamy Diaby a de grandes ambitions pour ce secteur. Il compte mettre en oeuvre plusieurs actions dont la finalisation la construction du backbone national et la commercialisation des premiers tronçons, développer et promouvoir la Gouvernance électronique et moderniser les services offerts par l’administration, créer et opérationnaliser le Centre d’Alerte et lutte contre les attaques informatiques (CERT).
Mostapha Mamy Diaby est l'invité du mois du Bulletin du Gouvernement.

Cette année, vous avez pris un certain nombre d’initiatives dontla création de l'Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d'Information et du GouvLab, la soumission de 4 lois (suivie de leur adoption) notamment celles relatives à la cyber sécurité, aux transactions électroniques et aux données personnelles ; pour ne citer que cela. A terme, qu’est-ce que cela changera pour les utilisateurs (administration, entreprise et individus) ?

L’adoption et la promulgation des lois relatives à la cyber-sécurité, aux transactions électroniques, aux données personnelles et la réforme du secteur des Postes permettront de disposer d’un cadre légal et règlementaire claire, transparent et attractif des investissements privés.

La loi sur la cyber-sécurité à la particularité de promouvoir et d’encadrer les activités dans le cyberespace et surtout de protéger les usagers contre toutes formes de travers dans cet écosystème.

La protection des données à caractère personnel est fondamentale pour préserver la dignité et l’intégrité des personnes mais également prévenir les différentes formes de criminalités qui peuvent être commises avec des informations personnelles (par exemple les données biologiques et médicales).

De plus en plus de relations administratives, commerciales et des transactions diverses se font en ligne. Cette nouvelle réalité crée une nouvelle forme de production, de distribution et de consommation, donc une nouvelle économie. Les Etats doivent disposer de cadre légal et d’outils techniques pour mieux promouvoir, encadrer et tirer profil de ces innovations.

Cette année, vous avez piloté l'initiative présidentielle destinée à doter une centaine d’écoles en outils des technologies de l'information et de la communication (TIC). En quoi consiste ce programme ? Quels seront son impact et son champ d’action géographique ?

L’amélioration du système d’enseignement par l’introduction des Technologies de l’information et de la communication est un pari pour un avenir dynamique, performant à travers l’appropriation de l’économie du savoir.

L’installation des centres informatiques, connectés à l’Internet dans les établissements d’enseignement  pré-universitaires, professionnel et supérieur permet aux élevés, aux étudiants et aux encadreurs d’avoir accès aux contenus en lignes (bibliothèques virtuelles, forum, etc.) et de partager des expériences avec d’autres personnes.

A ce jour, 100 établissements ont bénéficiés de cette initiative, avec une capacité de 26 machines par centre, dans un environnement ouvert (open source). Ces 100 centres sont repartis sur toutes les 5 communes de Conakry et les préfectures du pays.

Au cours d’un panel animé lors du Forum sur la Mobilisation, l’Utilisation Efficace des Ressources Intérieures, vous avez fait des propositions innovantes en matière de fiscalité. Quelles pistes ont été retenues ou sont en études avec votre collègue du Ministère du Budget ?

Je pense que les recommandations issues de ce forum sont en cours d’analyse au niveau du Ministère en charge du Budget. Nous restons à disposition pour apporter à notre collègue notre petite expérience dans le domaine de la valorisation de l’économie numérique.

Malgré toutes ces améliorations concrètes, certains consommateurs se plaignent parfois de la mauvaise qualité des réseaux téléphoniques ou internet. Quels sont vos projets pour amener les opérateurs à améliorer la qualité des services ?

Les concitoyens ont raisons de se plaindre, parce que le souhait de chaque consommateur est d’avoir la meilleure qualité au moindre coût. Il y a certes des problèmes au niveau de la qualité de certains services offerts aux consommateurs mais le régulateur veille à ce que ces imperfections soient à la limite des standards admissibles.

Avec la mise en service prochaine des ressources du backbone national par fibre optique, certains de type de problèmes de qualité de services seront résorbés.

Pour l’année en cours, quel sera votre cheval de bataille et les principaux axes que vous comptez développer ?

Pour 2017, le Ministère se fixe pour objectif la poursuite de la mise en œuvre de la stratégie de développement des TIC à travers le développement de l’internet par l’extension et la modernisation des infrastructures pouvant permettre l’introduction des services innovants, la baisse des coûts, les facilités d’accès et l’accroissement du parc d’utilisateurs en Guinée.

Les actions concrètes envisagées sont:

·      Finaliser la construction du backbone national et commencer la commercialisation des premiers tronçons;

·      Développer et promouvoir la Gouvernance électronique et moderniser les services offerts par l’administration;

·      Créer et opérationnaliser le Centre d’Alerte et lutte contre les attaques informatiques (CERT);

·      Assurer la veille et promouvoir la cyber-sécurité pour créer la confiance dans l’écosystème du numérique;

·      La finalisation de la mise en place effective du point d’échange internet  (IXP) en Guinée pour favoriser les échanges de trafic voix et données entre Opérateurs et fournisseurs de services;

·      Installation effective des Data centres pour l’administration publique et promotion l’usage des TIC dans les secteurs de la santé, de l’éducation, du commerce, de l’agriculture, pour permettre une plus grande efficacité de l’administration, mais aussi de nouvelles manières d’assurer les services publics d’éducation, santé, transport, etc ;

·      La relance de l’ancienne Sotelgui ;

·      Vulgarisation du document de politique et de stratégie nationale des TIC;

·      Opérationnalisation du fonds pour la formation et la recherche dans le secteur des TIC ;

·      Poursuivre la réforme du secteur des Postes ;

·      Adoption de la loi sur la cryptologie ;

·      Création et opérationnalisation de l’autorité de régulation des transactions électroniques ;

·      Création de la commission nationale de protection des données à caractère personnel ;

·      Continuer le processus de suppression des charges de roaming entre les pays Africains ;

·      Élaboration des documents de politiques nationales et sécurité des systèmes d’information.

Monsieur le Ministre, merci !

C'est moi qui vous remercie.

La Cellule de Communication du Gouvernement